Les systèmes autonomes intègrent de plus en plus nos conversations. Peut-être pas en ces termes mais aujourd’hui, les mots « drones » ou « véhicules sans chauffeur » sont connus du grand public et des entreprises quel que soit leur secteur d’activité.

Pourquoi n’y en a-t-il pas plus ? Parce que les lois qui nous gouvernent ne sont pas adaptées à ces nouveaux modes de déplacement ! Et parce que l’évolution technologique est plus rapide que l’avancement législatif. Le secteur attend la nouvelle réglementation européenne depuis plusieurs mois et l’arrêté royal qui le complétera au niveau belge.

Mais une fois en place (en janvier 2021 si tout va bien), sera-t-il permis de faire tout et n’importe quoi ? Non. Heureusement. Un drone, aussi petit et léger soit-il, représente un danger potentiel pour les personnes se trouvant à proximité (crash, heurt, batterie défectueuse…). Son usage doit donc être encadré.

Le problème auquel nous faisons face est que les usages professionnels et récréatifs sont presque mis au même niveau. Cela bloque le développement commercial d’entreprises belges de qualité et l’innovation des PME, des centres de recherche et des universités.

La technologie pour effectuer un vol autonome est à disposition. Reste à délivrer les autorisations…

La multitude d’acteurs concernés n’aide en rien (Skeyes, DGTA, Ministre(s), Gouverneur(s), Bourgmestre(s)) mais des solutions existent.

Le confinement a fait bouger les lignes. Des pays comme l’Espagne et l’Italie ont offert une certaine flexibilité pour les vols de drones. Cela amène des perspectives intéressantes économiquement et socialement (nous en avions parlé dans un podcast https://soundcloud.com/user-493221787/id2move-systemesautonomes-covid19).

A Hambourg, l’initiative Windrove a vu le jour en 2017. Il s’agit d’un réseau d’acteurs du secteur du drone (petites et grandes entreprises, universités, centres de recherche). Une table ronde a été organisée avec ces acteurs, les ministères de l’économie et des transports et le gestionnaire du trafic aérien local. La question posée était : « Quel projet concret, réaliste et acceptable par le grand public pouvons mettre en place à Hambourg afin de venir en aide au secteur hospitalier ? ».

Le transport en urgence de pochettes de sang/organes/analyses est souvent freiné par les aléas de la route (embouteillage, accident, travaux…). Utiliser les airs pour ce genre de déplacement enlève un gros risque de retard.

Grâce à un financement public, une première phase de tests Medifly par Hamburg Aviation a été mise en place et a permis de connecter par les airs 2 hôpitaux distant de 5km. Cela en parfaite harmonie avec les zones urbaines survolées et l’activité aéroportuaire locale.

Le projet entre aujourd’hui dans sa 2ème phase avec l’intégration de tout le réseau hospitalier hambourgeois. Appel est fait à des sociétés d’autres pays pour partager les compétences et les savoir-faire. Nul doute que des entreprises belges en seront.

L’ex-Ministre de la Mobilité François Bellot s’est vanté dans son rapport d’avoir placé la Belgique sur la carte des pionniers européens en terme de navette autonomes. Et c’est le cas (VIAS, Gand, Han-sur-Lesse).

La question aujourd’hui n’est pas de savoir si oui ou non nous embarquerons dans le train des systèmes autonomes mais quand ? Serons-nous encore une fois les piliers innovants de l’Europe et une terre de tests comme l’a évoqué il y plusieurs mois Georges-Louis Bouchez ? Ou allons-nous « attendre de voir » comment la situation évolue ailleurs ?

Mesdames et Messieurs les nouveaux membres de notre gouvernement et principalement Monsieur le Ministre Gilkinet, la balle est dans votre camps…

Chez ID2Move (www.id2move.eu), centre d’excellence pour systèmes autonomes, nous sommes prêt. Et vous ?