Une entreprise de drones albertaine aide à repérer des zones d’incendie de forêt dans des endroits difficiles d’accès pour les pompiers puis leur transmet des informations qui facilitent leur travail.

Quand la nuit enveloppe le ciel albertain, Chris Healy et son équipe envoient leurs drones explorer les zones reculées de la province, trop difficiles d’accès à l’homme. Cette technique permet de cartographier rapidement et précisément les vastes étendues de terre où des feux de forêt peuvent être en train de gagner du terrain.

Au matin, les données sont compressées et tous les points chauds détectés par les drones sont tracés sur une carte qui mènera l’équipe de pompiers au sol à leur emplacement exact.

«Nous volons toute la nuit. C’est une fenêtre de vol très limitée dans le temps et très comprimée pour recueillir et fournir ces informations», déclare Chris Healy, à la tête de IN-FLIGHT Data Group, l’entreprise basée à Okotoks, dans le sud de l’Alberta, qui utilise des drones pour lutter contre les incendies.

Pour lui, la nuit est le meilleur moment pour faire voler ses appareils, la lecture infrarouge étant meilleure, «car le soleil ne chauffe pas les zones alentour», fait savoir M. Healy. Ce qui permet de repérer les zones à risques d’un seul coup d’oeil, selon lui.

Les drones font certes gagner du temps, mais assurent aussi une meilleure sécurité pour les équipes. «Le drone peut être opérationnel dans une fumée dense, avec une mauvaise visibilité nocturne et pendant de longues heures, ce que l’humain ne devrait pas risquer avec un avion», avance Chris Healy.

En dehors des feux de forêt, la flotte de drones est également utilisée dans d’autres types d’activités. Par exmeple, lors de missions de recherche et de sauvetage ou encore lors de missions pour des industries comme l’agriculture, le pétrole et le gaz. Les appareils peuvent effectuer des inspections et une surveillance sur de longues distances dans des zones difficiles d’accès ou à inspecter.

Pour faire voler ses drones, l’entreprise a dû obtenir un permis spécial de Transport Canada. Ce genre de permis rare est généralement délivré quand un exploitant peut prouver qu’il a une compréhension approfondie de la réglementation canadienne de l’espace aérien et des protocoles de sécurité détaillés, affirme M. Healy.

Malgré le prix des appareils allant de quelques centaines de milliers à plusieurs millions de dollars, Chris Healy soutient que si les provinces canadiennes décidaient d’utiliser cette technologie plus régulièrement, elle serait rentable à long terme.

Même si des zones intérieures de la Colombie-Britannique brûlent, l’Alberta a elle été épargnée cette année par les incendies. La province reste néanmoins en état d’alerte élevée et a publié des interdictions de feu et des restrictions de feu dans toute sa zone sud. L’entreprise dit donc se préparer au cas où la demande pour la technologie augmente dans l’avenir.

Source: CBC/Radio-Canada 29/08/20 – Photo: In-Flight Data